19. Mai | Dominique Quinio, Semaines sociales de France zum Ausgang der Präsidentschaftswahlen in Frankreich

Envie de nouveauté

 

La France a évité le pire. L’élection présidentielle, au second tour,  opposait un homme sans longue expérience politique, animateur d’un parti  nouveau-né, ni de droite ni de gauche, et une femme rodée à l’exercice, issue d’une famille politique d’extrême-droite, même si toute sa stratégie visait à faire oublier cette hérédité. Alors que les électeurs s’étaient partagés en quatre fractions à peu près équivalentes, l’étape finale a donné à Emmanuel Macron une large victoire. De nombreux électeurs l’ont choisi, par défaut, pour faire barrage au Front national.

 

Est-ce à dire que la démocratie, en France, est sauvée et qu’elle respire la santé ? Sûrement pas. Beaucoup de citoyens se sont abstenus ou ont voté blanc. Et l’analyse des résultats révèle une fracture sociologique et géographique inquiétante: les grandes villes, les cadres se sont reconnus dans l’homme Macron, Européen affirmé et à l’aise dans la mondialisation. Le monde rural et les classes populaires, qui voient en la mondialisation un ennemi, ne lui ont pas apporté leur confiance. Comment le nouveau président réparera-t-il ces déchirures?

 

Il lui reste maintenant à trouver une majorité législative. Fidèle à son positionnement « ni gauche, ni droite », lui qui fut ministre d’un gouvernement socialiste, a nommé un premier ministre issu de la droite. Les « vieux » partis s’en trouvent déstabilisés. Les électeurs suivront-ils? Telle est la question. Notre pays apprendra-t-il enfin à dépasser les intérêts partisans pour œuvrer, en alliant les compétences, au redressement de la France?

 

Ce pari-là, les Semaines sociales de France ont envie de le tenter, parce qu’il est dans son projet de prôner le dialogue : entre la société et l’Eglise, entre des personnes aux convictions différentes, au service du bien.

 

Durant toute la campagne électorale, seuls ou avec d’autres mouvements chrétiens, nous avons appelé chacun à exercer sa responsabilité citoyenne, en allant voter, en faisant barrage au Front national, en défendant le projet européen et la nécessité de son renouvellement. En rappelant que l’engagement politique et l’exercice démocratique ne se limitent pas aux jours d’élection.

 

Dominique Quinio

 

Der Wunsch nach etwas Neuem

 

Frankreich hat das Schlimmste verhindert. Im zweiten Wahlgang der Präsidentschaftswahl standen sich ein Mann ohne langjährige politische Erfahrung, Vorreiter einer neuentstandenen Partei, weder rechts noch links, und eine kampferprobte Frau gegenüber, die aus einer rechtsextremen politischen Familie hervorgegangen ist, selbst wenn ihre komplette Strategie darauf zielte, dieses Erbe vergessen zu machen. Während die Wähler sich zunächst in vier fast gleich große Fraktionen aufgeteilt hatten, kam es am Ende zu einem klaren Sieg für Emmanuel Macron. Viele Wähler haben ihn standardmäßig gewählt, um den Front National zu blockieren.

 

Bedeutet dies, dass die Demokratie in Frankreich gerettet und geheilt ist? Sicher nicht. Viele Bürger enthielten sich der Stimme oder haben einen leeren Stimmzettel abgegeben. Und die Analyse der Ergebnisse zeigt eine beunruhigende soziologische und geografische Kluft: die großen Städte und die Führungskräfte haben sich in Macron wiedererkannt, dem überzeugten Europäer, der mit der Globalisierung im Reinen ist. Die ländliche Welt und die unteren Klassen, die in der Globalisierung einen  Feind sehen, haben ihm kein Vertrauen entgegengebracht. Wie wird der neue Präsident diese Risse reparieren?

 

Er muss nun eine legislative Mehrheit finden. Getreu seine Positionierung „weder links noch rechts“, hat er, der Minister einer sozialistischen Regierung war, einen Premierminister aus dem bürgerlich-konservativen Lager ernannt. Die „alten“ politischen Lager werden dadurch destabilisiert. Werden die Wähler ihnen (den Mitgliedern der neuen Regierung) folgen? Das ist die Frage. Wird unser Land am Ende lernen, die Einzelinteressen zu überwinden und die Kompetenzen zu verbinden, damit es Frankreich wieder besser geht?

 

Die Semaines Sociales de France wollen das gerne versuchen, denn es ist unser Ziel, den Dialog zu stärken: zwischen Gesellschaft und Kirche, zwischen den Menschen unterschiedlicher Überzeugungen, für das Gemeinwohl.

 

Während der gesamten Wahlkampagne haben wir, allein oder mit anderen christlichen Bewegungen, alle Menschen in Frankreich aufgerufen, durch die Teilnahme an der Wahl, ihre bürgerliche Verantwortung wahrzunehmen, durch das Blockieren des Front National, durch die Verteidigung des europäischen Projekts und der Notwendigkeit seiner Erneuerung. Denn das politische Engagement und die demokratische Praxis gehen über den Wahltag hinaus.